Témoignage de Béryl, trentenaire nulligeste

«  Après 2 ans de combat (trouver un-e praticien-ne dans mon département qui soit d’accord pour l’intervention) je passe enfin au bloc le 10 décembre.
J’ai rendez-vous avec l’anesthésiste la semaine prochaine.

Le test d’allergie au nickel n’est pas systématique. Je suis donc allée de moi-même au service dermatologie pour en faire la demande, sans courrier de mon médecin traitant, hors parcours coordonnée.

Je n’ai pas envie de risquer un choc anaphylactique ni une salpingite. Ces tests devraient être systématiques.

Verdict fin de semaine prochaine. »

—————-

21 novembre 2015 :

Le verdict est tombé hier soir. Je suis allergique au Nickel. Je vais donc devoir me passer d’Essure et me faire ligaturer sous coagulation. Moi qui voulait éviter la cœlioscopie… Mais bon, il faut ce qu’il faut.

Sinon l’anesthésiste était bizarre, il m’avait dit : « Ah non pour Essure vous n’aurez pas d’anesthésie locale, on va juste vous sédater un peu. Mais si vous avez trop mal on vous fera une générale!  » Mouais…

7 janvier 2016 :

11h00 :

En route pour l’anesthésie générale !

12h30 :

Au bureau des entrées on me dit: « Vous devez descendre en maternité! » (« Ah bon??? »). On m’installe dans ma chambre, je réponds aux questions de l’infirmière qui récupère ma carte de groupe sanguin puis me fait enfiler la blouse d’opéré.e et mettre au lit en attendant les brancardiers. De toute façon je suis à jeun et assoiffée donc de mauvaise humeur. Je me mets au lit et essaye de faire une sieste.

13h00 :

Le bloc opératoire est un vrai frigo! Le personnel hospitalier, trop sympa, me fait découvrir une invention qui relève du progrès social: des draps tous chauds sortant d’un placard à haute température. Voici de quoi apaiser mes tremblements.

14h00:

Papotage tranquille au bloc avec l’infirmière en attendant la chirurgienne qui me demande si je veux toujours être stérilisée. « Oui oui je n’ai pas changé d’avis je ne veux toujours pas de gamins! ». On me met un cathéter puis un masque qui semble être sans air, j’ai du mal à respirer puis un gaz d’une drôle d’odeur vient à mes narines. Je sens un fourmillement dans mon visage puis je n’ai plus aucun souvenir.

15h00:

Réveil avec le masque sur la figure qui gêne ma respiration. Impression d’avoir dormi 10 minutes seulement. Une infirmière me le retire. Je suis sous perf avec une pince au bout du doigt. Je ne sens rien et je me demande si j’ai été vraiment opérée. Par curiosité je relève mes couvertures pour regarder et je vois que j’ai un pansement au nombril + une espèce de culotte en filet avec une serviette hygiénique à l’intérieur. J’ai faim et soif. Le pire étant la privation d’hydratation. Hâte qu’on me ramène à ma chambre.

16h07 :

Retour dans ma chambre après un gros dodo. Super soif, et faim mais pas encore le droit de boire ni de manger. Pas le droit de me lever non plus (obligée de biper l’infirmière si jamais j’ai envie de pisser). Sous perf de glucose. 2 pansements au lieu de 3. Le nombril qui tire un peu mais c’est normal.Personnel hospitalier très sympa. J’ai eu une couverture supplémentaire car froid aux pieds et l’infirmière m’a aidé à mettre mon sweat par dessus la blouse d’opération. La serviette hygiénique est d’une drôle de couleur, elle m’explique que c’est dû à la bétadine (on m’en aurait donc remis une couche sur les muqueuses durant mon sommeil?)
J’attends le feu vert pour avoir le droit de boire un verre d’eau.

17h20 :

Étonnant cette envie d’aller au toilette alors que je n’ai pas bu depuis… pfiou!
J’ai eu le droit de boire et de manger (enfin!) J’arrive à marcher. Pas de tête qui tourne mais pas d’attaque pour aller courir le marathon non plus.

La perf a été virée, j’attends le passage de la toubib et qu’on m’enlève le cathéter.

Saignements non menstruels qui s’évacuent par les voies naturelles mais c’est normal.

8 janvier, 13:57 :

Donc j’ai quitté l’hôpital hier, j’ai remangé. J’ai dormi chez une amie qui m’a trouvée très pâle. Un peu de douleurs mais rien d’insupportable. Les fils de mes points de sutures sont non résorbables et je devrais faire faire l’ablation mercredi prochain.

Donc 2 trous dans le ventre au lieu de 3. Mon entourage avait tellement décrit l’intervention comme éprouvante que je suis surprise d’être assez en forme pour suivre une journée de formation.
Comme la chirurgienne me l’a recommandé j’ai ôté mes pansements ce matin car les points doivent respirer. J’ai mes anti-douleurs dans mon sac à main mais comme je ne sens rien (hormis un léger tiraillement qui vient de mon nombril) pas besoin d’en prendre.

Toujours des saignements mais heureusement j’ai des protections périodiques.
Bref, tout va bien. J’ai d’office le droit d’arrêter la pilule!

11 janvier :

Le vieux réflexe de prendre la pilule chaque matin est toujours là. Eh oui, on ne se débarrasse pas du jour au lendemain d’une habitude vieille de 20 ans. La peur d’avoir mal aussi étant donné les règles douloureuses ++++ que j’avais vécu.La chirurgienne m’a confirmé que je n’avais pas d’endométriose. Alors comment de simples règles ont elles pu me faire souffrir le martyr? Alors la pilule dans ce cas précis, On arrête ? On continue ?

Toujours aucune douleur mais fatigue extrême. J’ai beaucoup dormi ce dimanche et j’ai eu des étourdissements en allant me promener en ville.

Publicités

About this entry