Un nouveau témoignage bien prometteur…

Voici quelques nouvelles de M., jeune nulligeste qui a pu obtenir une stérilisation assez rapidement malgré tout de même, selon moi, quelques petits inconvénients.

Vous constaterez tout de même que les choses peuvent parfois évoluer un peu !

[Chers médecins, vos noms sont cités dans le texte et par respect pour lui et son autrice, j’ai choisi cette fois-ci de les laisser tels quels. Ceci dit si vous ne souhaitez pas être cités merci de me contacter et j’effacerai ainsi vos noms pour les remplacer par de charmants astérisques ou autres caractères de votre choix].

Bon, passons au témoignage que vous attendez tous/tes !

« J’ai toujours su que je ne voulais pas d’enfants, j’ai simplement attendu d’avoir des relations pour commencer à m’en préoccuper. Ce qui est venu assez tardivement.

J’ai 26 ans, bientôt 27… j’ai commencé ma démarche administrative il y a quelques mois en début d’année 2015. J’étais déjà au courant des procédures grâce à certains groupes Facebook et forums où j’ai pu lire de nombreux témoignages et conseils.

Pas question d’aller voir n’importe qui pour me recevoir dans la figure un mur de jugements lorsque j’expliquerai mon choix.

J’ai déjà une liste de médecins répertoriés pour leur « ouverture », « tolérance », « respect » enfin tout ce qui devrait émaner d’un médecin normal.

Je prends déjà rendez vous avec une sage-femme répertoriée sur le site Gy&co (Sylvie Mourtoux).

Je lui explique mon choix, elle me donne des informations sur les procédures sans aucun jugement.
En attendant que ma démarche pour une stérilisation définitive suive son cours, elle propose de me poser un stérilet comme contraceptif, étant donné que j’avais des rapports sexuels protégés par préservatifs.

Je lui avais dit que la pilule et ses hormones ne me plaisaient pas du tout.

Deux tentatives ont suivi ce premier rendez vous, sans succès. Il semblerait que le col de mon utérus soit particulier, en plus du fait que j’ai jamais eu d’enfant – cela ne pose pas forcément de problème : elle a déjà posé des stérilets à de jeunes femmes sans enfant, sans problème.

Bref, je suis obligée de me diriger vers la prise de pilule….(temporairement) ce qui n’est pas non plus une mauvaise chose, d’après elle, concernant ma démarche de demande de stérilisation : le stérilet peut être gardé 5 ans, certains médecins auraient pu me dire d’attendre 5 ans….

La sage-femme, Sylvie Mourtoux, me conseille d’appeler un gynécologue de Caen non référencé sur la liste de témoignages pour avoir un premier rendez-vous, ce qui permettrait d’enclencher le délai de quatre mois de réflexion le plus tôt possible.

La secrétaire me dit alors qu’il n’est pas nécessaire de prendre rendez-vous avec un spécialiste pour faire ma demande de stérilisation volontaire. De toute façon, il y a une liste d’attente qui rendrait ce rendez-vous à Caen trop tardif.

Je me déplace beaucoup ces derniers temps : il n’est pas nécessaire dans ce cas que l’attestation soit signée par le médecin qui pratiquera l’opération. Je prends donc rendez-vous avec un médecin généraliste, je n’en ai pas d’attitré.

Je m’attends bien sûr à des remarques, des jugements et un débat animé avec le médecin.
C’est bien ce qui s’est passé : c’était la première fois qu’il rencontrait une demande de cet ordre. Il m’a demandé pourquoi. J’ai listé mes raisons avec une voix lourde et tendue face à cette personne qui ne semblait pas comprendre mon choix.

Au final, j’en savais bien plus que lui sur la procédure à suivre : il est allé vérifier sur Internet…
Il a bien voulu me rédiger un papier attestant de ma demande de stérilisation.

À la fin, il a quand même fini par comprendre mon choix et mes raisons, m’avouant avoir plusieurs enfants et que le fait d’en avoir était vraiment difficile et une responsabilité etc. Bref, il me disait en gros qu’il regrettait parfois peut être d’en avoir et que la terre était clairement en surpopulation. J’étais finalement assez contente d’avoir eu une discussion sur ce sujet et surtout, d’avoir récupéré mon précieux papier. C’était vers Mars/Avril.

Entre-temps, je prends rendez-vous à Paris avec le Docteur Caroline DHAINAUT-SPEYER, pratiquant sur Paris/Sarcelles, connue grâce au témoignage d’un ami et par la liste que l’on trouve sur la page Facebook « Stérilisation Volontaire ».

Rendez-vous est pris pour le 17 juillet mais celui-ci est annulé entre-temps par la secrétaire. Je décide donc de prendre rendez-vous à Bordeaux, suite à la lecture d’un témoignage positif au sujet du Docteur MARMIÉ à la Clinique Tivoli. J’ai donc un rendez vous le 3 juillet 2015 et un autre rendez-vous de prévu avec le Dr DHAINAUT-SPEYER à Paris fin Juillet.

Je préfère assurer mes arrières : si ça ne se passe pas pas comme prévu à Bordeaux, j’ai un plan B.

La date fatidique du 3 juillet approche, je stresse un peu.
Finalement, ce rendez vous se passe très bien, aucun questionnement, aucun jugement.
C’est normal pour le Docteur MARMIÉ de ligaturer des jeunes femmes qui ne veulent pas avoir d’enfant. Il le fait régulièrement, il est atterré lorsque je lui parle du débat que j’ai eu avec le médecin généraliste.

Je suis vraiment étonnée de la façon dont se déroule l’entretien, on passe tout de suite à des questions de santé et pratiques, et même à une date de rendez vous pour l’intervention.
Il accepte sans problème le papier du médecin généraliste ce qui me permet de gagner quelques mois de délai. Je suis ravie !

Il m’explique qu’il ne fait que des ligatures des trompes par clips en titane surtout pour les jeunes patientes, car il n’y a pas de passage par les voies naturelles. De toute façon, je préférais largement cette forme de stérilisation. Je n’avais aucune envie de tester la méthode Essure qui me semble encore incertaine, si j’en crois certains témoignages.

J’aurais préféré ne pas avoir de corps étrangers dans l’organisme, mais il me rassure quant à l’utilisation du titane, etc. …

Il m’informe du déroulement de l’intervention, me demande si je n’ai pas d’autres questions…
Je ne sais pas trop quoi dire, je suis choquée par la facilité de la chose, après avoir lu tout ces anecdotes négatives etc.

Au passage, j’oublie de lui demander la durée de l’intervention …

Il me parle aussi des 100 euros de dépassement d’honoraires. Autrement, tout est pris en charge par la Sécu. Les 100 euros, ça dépend de la mutuelle.

Comme je n’habite pas à Bordeaux et que j’ai pas mal de route, je vais devoir rester une nuit sur place. Je rentrerai le jeudi midi à la Clinique et repartirai le lendemain matin.

Tout se concrétise, c’est irréel… 🙂

Je ressors du rendez-vous bien légère ! J’en profite pour faire ma pré-admission à l’accueil.

Je dois prendre un rendez-vous avec un anesthésiste près de chez moi, pas besoin de revenir sur Bordeaux pour ça.
J’enverrai les résultats et dossier d’anesthésie à la clinique avant la date fatidique.

J’ai rendez-vous pour l’anesthésie à l’hôpital de Brive le 3 août, l’interaction avec l’anesthésiste est froide, banale et rapide.

J’ai l’impression que le Docteur est blasé. Mais je m’en fous un peu…

Lorsque j’explique que je n’ai pas d’enfants, je sens qu’il réagit mais n’émet pas de jugements (en tout cas audibles) pour autant.

Je passe les tests au labo juste après le rendez vous avec l’anesthésiste. R.A.S.

J’ai appelé quelques jours avant l’opération pour avoir plus ample infos sur la démarche à suivre avant l’opération :

Je dois arrêter de manger à partir de 7H le matin de l’intervention, pas d’eau non plus.
Je dois prendre une douche à la Bétadine la veille. Je demande s’il y a une préparation niveau pilosité, la secrétaire me répond que le Dr MARMIÉ n’est pas gêné par la pilosité donc rien à faire, je suis très contente car je tiens beaucoup à mes poils. 🙂

J’arrive à la clinique à 12h pour l’admission à l’accueil. Je suis tendue à cause des histoires administratives, de la mutuelle etc.

Je rejoins ma chambre de deux lits. Ils sont obligés de refaire des prélèvements sanguins car les résultats du labo précédent sont vieux de 4 jours ce qui est trop.

L’infirmière me demande quand même de passer un petit coup de tondeuse sur une bande d’un cm en haut du pubis.

Je prends ma deuxième douche à la Bétadine et enfile ma belle panoplie : tunique bleu marine, chaussons et bonnet (que je rajouterai au dernier moment)
Je patiente un moment dans ma chambre, avec ma mère qui m’a accompagnée.
Je devais partir vers 14h45, le brancardier est finalement venu me chercher vers 16h.

Pas de lunettes, bijoux, sous vêtements, etc. ; bonnet, chaussons et tunique bleu marine magnifique avec une « culotte »en papier.

Je voyage dans les couloirs, allongée sur mon lit à roulette. Les brancardiers et infirmières discutent… Je suis là, allongée, immobile et silencieuse mais ne perdant pas une miette de ce qui se passe. Mais je ne suis pas trop stressée, plutôt curieuse.

Le brancardier me dépose dans une sorte de salle d’attente avant de rentrer dans le bloc opératoire. Mon lit fait face à une télé orientée pour les personnes allongées. Je découvre, malgré ma myopie, une émission d’Ushuaïa avec Nicolat Hulot…ah ah…
Un autre lit se gare sur ma gauche : c’est une dame qui va se faire opérer du nez, chirurgie esthétique. Son chirurgien vient lui ré-expliquer la procédure…

De mon côté, l’anesthésiste vient se présenter, me poser des questions sur ma vie pour me détendre pendant qu’il m’insère le cathéter. Il me demande combien j’ai d’enfant, je lui répond aucun.
Il ne relève pas et change de sujet.

Le Chirurgien le Dr Marmié vient me voir pour me demander si je suis toujours OK pour l’intervention, je lui réponds avec enthousiasme que oui.
Il me dit que ça à l’air d’être le cas car je suis ici sur ce lit.
Ensuite deux infirmières se présentent, elles vont assister à l’opération.

Je ne sais pas combien de temps j’ai attendu dans cette pièce, peut être 15 minutes. J’écoutais ce qui se passait autour de moi, les discussions entre infirmiers, anesthésistes, médecins… en mode détente et plaisanterie pour les patients en attente.

Je rentre enfin dans la salle d’opération, toute blanche. Cette fois-ci je ne regarde pas trop ce qu’il y a autour de moi. J’observe l’anesthésiste qui me parle. L’une des infirmières me parle du syndrome de Guillain-Barré que j’ai eu il y a quelques années. Elle m’a dit qu’elle s’est informée sur ce que c’est, elle était plutôt impressionnée par le truc.

Elle me parle de mon bras droit, me demande si ça ne pose pas de problème de prendre la tension de ce côté là. (Mon bras est un peu fragilisé depuis ma naissance.)

10 ou 15 minutes passent, pendant lesquelles les infirmières se préparent, l’anesthésiste aussi.
Ils vont chercher le chirurgien. L’anesthésiste me dit qu’il m’endormira au dernier moment pour que je reste le moins longtemps possible sous anesthésie.

Il me fait respirer un gaz, il me dit à bientôt… je respire, je respire… rien ne se passe vraiment…
Puis plus rien, je ne me rappelle de rien après ça…

Je me réveille, dans une salle (salle de réveil). Je vois des infirmières autour de moi, d’autres lits sont à côté. Tout est assez flou et ça me demande beaucoup d’efforts de bouger et ouvrir les yeux.
Je lutte pour me réveiller, puis minute après minute, tout devient plus clair.
Je ne sais pas combien de temps je reste dans la salle, une machine prend ma tension toutes les 5 minutes. Une infirmière vient me demander si tout va bien. Je lui dis que oui.

Au bout de 10 minutes, peut-être plus, on me ramène à ma chambre. Le brancardier m’aide à me transférer entre lit « taxi » et lit de chambre.

Je suis encore un peu molle. Je ne sais plus précisément à quelle heure j’arrive dans ma chambre, vers 17h je crois.
Je me mets à lire…
Ma mère arrive.

J’ai très soif, je n’ai pas bu depuis ce matin 8H30, il fait chaud… C’est le plus pénible, le fait de ne pas pouvoir boire.

Je ne peux pas me lever, ni boire ou ingérer quoi que ce soit. Ce n’est que vers 23h que les infirmières de nuit me disent que je peux essayer de boire et tenter une levée… pour aller aux toilettes.

Ahhh enfin ! Je peux boire ! J’y vais doucement. Mais tout se passe bien pour boire et puis pour aller aux toilettes tranquillement.

Ça me brûle un peu lorsque je vais uriner.
J’ai dû mal à dormir. Il fait chaud, la fenêtre est ouverte et les moustiques sont au rendez-vous.

Le lendemain le chirurgien arrive pile lorsque je vais prendre ma douche, vers 9H et quelques.
Il me dit que l’opération s’est bien passée, que je suis maintenant STERILE youhou… J’avais des questions, par rapport aux brûlures au niveau de l’urètre c’est dû à la sonde urétrale insérée pendant l’opération.

Les micros incisions au niveau de mon nombril et bas ventre sont refermées à l’aide de glue qui se résorbera une semaine après. Il n’y a rien de spécial à faire, je peux prendre des douches comme d’habitude.

Il faut y aller doucement pendant une semaine niveau sport, efforts physiques, etc.
Mais sinon : R.A.S. !

Pour les rapports sexuels, il me dit que c’est dès je veux, que je me sens OK.

Je n’ai toujours rien mangé, ils ne m’ont apporté qu’une infusion le matin pour le petit déjeuner. Je demande à l’infirmière si je peux manger. Elle paraît étonnée du fait que je n’ai eu qu’une infusion et me ramène deux compotes.

Pour les conseils d’alimentation, elle me dit de ne pas manger directement une choucroute mais que je peux manger normalement.

Ayant quelques problèmes de fissures anales et hémorroïdes j’ai un peu peur de la consistance des selles après une journée à jeun. Comme prévu après l’opération, ça a été douloureux…
Je conseille donc à celles qui ont des problèmes de constipation ou autre de prendre ce qu’il faut pour aider à ramollir les selles : pruneaux etc..

Les jours suivant l’opération, j’ai ressenti des douleurs abdominales comme lors de règles douloureuses, rien de plus. J’ai eu deux jours de saignements, comme deux jours de règles.

Après une semaine, la cicatrice du bas est nickel, elle fait une petite bosse, sûrement due à la cicatrisation interne des tissus, elle me démange un peu.

Pour ce qui est du nombril il reste une petite croûte que je laisse se dégager tranquillement.

Je suis donc stérile depuis le 28 Août 2015, je suis libre, libérée !

Tranquille pour le reste de ma vie en ce qui concerne ce problème.

Je peux ainsi gérer au mieux les autres difficultés dans ma vie sans à me soucier de cet aspect là. Un poids disparaît.

Au final, je suis surprise par la facilité par laquelle je me suis faite stériliser.
Comme quoi, il suffit de contacter les bonnes personnes.

Un conseil : Ne galérez pas à contacter votre médecin généraliste ou votre gynécologue… Vérifiez la liste disponible sur la page Facebook de stérilisation volontaire.

Vous aurez en face des personnes respectueuses de votre choix… et ne perdrez pas de temps avec des murs de jugements !

Perso, ça m’a pris environ 7 mois de démarches pour me faire stériliser. Donc vraiment assez peu de temps ! Et avec des personnes respectueuses autour de moi !

Ce n’était pas du tout un parcours du combattant.
Donc voilà : c’est tout à fait possible de se faire stériliser définitivement en France, à 26 ans nullipare !

J’espère que ce témoignage aidera certaines d’entre vous ».

Publicités

About this entry