Essure, l’intervention détaillée

Aujourd’hui je vous présente le récent récit d’une jeune Childfree qui a eu la chance de pouvoir se faire essuriser, conformément bien sûr à ses désirs :

« Je suis malade le 4 septembre, date initialement prévue pour signer le papier confirmant mon désir d’être stérilisée le 11. Annulation, report au vendredi 6 : le gynéco me demande quelle contraception je prends. Comme je ne suis pas sous pilule, il m’explique que le délai entre les 2 RDV est beaucoup trop court, que je devrais déjà être sous pilule combinée ; en effet, l’ovulation empêche la pose des micro-implants. J’avais lu ça mais comme on ne m’en avait pas parlé lors des RDV précédents, je pensais que c’était une légende internaute…

Il me prescrit du Lutenyl (pilule) à prendre quotidiennement jusqu’à l’intervention, et du Profénid (suppo anti-douleur) à prendre le matin de l’intervention, puis 1/2h avant. J’ai également une prise de sang à faire, dont je dois impérativement obtenir les résultats avant le 9 septembre.
L’intervention se fait sans anesthésie aux Lilas, une anesthésie locale étant souvent plus douloureuse que la pose elle-même, me dit-il.

Il insiste beaucoup sur la contraception après l’intervention ; je compte tout simplement éviter les rapports potentiellement fécondants, mais je n’arrive apparemment pas à formuler clairement que j’éviterai tout contact hétéro-génitalo-génital. Quand je m’aperçois qu’il ne comprend pas ma réponse, je lui dis que je suis capable d’éviter toute pénétration pendant 3 mois – jusqu’au RDV de vérification – et il me dit qu’il voulait juste l’entendre clairement. Moi qui voulait être précise (en excluant tout contact entre mon entrejambe, y compris l’anus, et une bite, mais pas les pénétrations digitales), je m’aperçois que c’est plus compréhensible en restant approximative, au final.

Le labo près de chez moi est très bien. J’y vais donc, et à l’accueil, je m’aperçois que je n’ai plus ma carte Vitale. Comme ils sont ouverts le samedi, et qu’ils peuvent avoir les résultats pour le lundi matin, je leur dit que je repasserai le samedi, et vais chercher ma carte.

Impossible de mettre la main dessus. J’appelle le médecin que j’ai vu le 4, il ne l’a pas.
Impossible de contacter les Lilas…

Plus tard, les Lilas m’appellent, pour me préciser des documents à fournir, et me dire de bien manger avant de venir je crois.

La secrétaire n’a pas trouvé ma carte Vitale non plus… Il me faudra une attestation d’assurance.

Je fais quand même ma prise de sang le samedi, et comme j’ai déjà un dossier, je n’ai rien à avancer.

Le matin de l’intervention, je m’aperçois que mon centre d’assurance maladie est fermé les mercredis jusqu’à la mi-septembre. J’appelle le n° de la CPAM qui m’indique que celui des Lilas est ouvert jusqu’à midi (il était fermé pour travaux à une période, d’où ma volonté de vérifier).

Je fonce à l’arrêt de bus, et nouveau coup de fil des Lilas : ma carte Vitale est retrouvée, la secrétaire a imprimé une attestation, tout est en règle.

Tant mieux : j’arrive à 11h45 à la CPAM des Lilas, et 8 personnes me précédent…

Bref, je mange, j’arrive, la secrétaire me reçoit. On s’occupe des derniers papiers, elle me dit de repasser après l’intervention pour le RDV de vérification dans 3 mois, et appelle le service qui va s’occuper de moi pour voir si tout est prêt et si je peux prendre mon second suppo.

Je peux, et le temps d’aller aux toilettes, pof ! un infirmier (je crois) a poppé à l’accueil. La secrétaire nous présente, il m’invite à le suivre. On discute dans les couloirs et l’ascenseur, puis il me laisse dans une chambre vide où je dois me changer -pour mettre une tenue stérile- et laisser mes affaires, sauf celles de valeur. Il m’explique calmement ce que je dois faire (en gros, me mettre à poil et enfiler les trucs dans le plastique). J’ai un lit et un fauteuil à disposition, pratique !

Il sort le temps que je me change ; le slip jetable est tout confort, la tunique de patient a le bon goût d’être noire, donc beaucoup moins transparente qu’une blanche. J’ai aussi un drap à nouer autour de ma taille : du coup, exit la gêne de se balader à poil au milieu de gens habillés… Tout est bien pensé pour me mettre à l’aise.

Direction le 3ème étage à présent… Comme la chef de service, qui va poser les implants, n’est pas arrivée, on m’invite à me reposer sur le lit ; j’ai droit à un Atarax (un cachet qui détend, je sais pas trop de quel type), un super duvet tout confort… Ça tombe bien, j’ai très peu dormi ces derniers jours, nouveau jeu video et soirée film obligent.

Je flotte dans mon cocon, écoutant les conversations du personnel. La cheffe de service n’est pas encore là – mon RDV a déjà été déplacé parce qu’elle signe l’agrément du centre des Lilas avec N.V. Belkacem.

J’entends parler des mobilisations en cours, des actions, du calendrier de nues (non, ce ne sont pas des photos de nuages et de cieux…)réalisé par les sage-femmes, de tout et de rien… J’entends qu’on veut me faire patienter, et réponds à la volée, en haussant la voix.

Un médecin vient me voir pour me demander s’il peut assister à l’intervention, poliment et sans mettre la pression… Bref, de bout en bout, tout sera fait pour que je sois à l’aise.

Au bout d’un moment, la cheffe de service arrive, on me propose d’aller aux toilettes, puis nous partons en salle d’intervention. On m’explique pas à pas ce qui va se passer, on ne me brusque pas quand il s’agit de me dévêtir, bref, tout va bien…

J’en profite pour demander explicitement à voir ce qui se passe via l’écran. Pour l’anecdote, la machine, l’ambiance, m’évoquent furieusement les films de SF des années 80-90, c’est assez drôle.

Couchée, je dois mettre les pieds dans des étriers et glisser le long de la table : j’aurais dû m’échauffer un peu, si on m’avait prévenue… :p

J’ai un oreiller sous la tête, ça aide à garder un peu de confort.

On me colle une grande bande bleue sur les genoux, puis d’autres, qui collent, sur les jambes, réglage de l’appareil et pouf… C’est parti !

Eau froide, puis tiède, mêlée de Bétadine, sur la vulve et dans le vagin. On me prévient chaque fois, avec un petit couac à un moment donné : on me dit que je vais sentir de l’eau tiède, et pouf ! elle est toute froide. La tiède ne vient qu’ensuite. L’eau froide n’est franchement pas agréable, la tiède, en revanche, si ; m’étant préparée psychologiquement à me faire manipuler l’entrejambe en public, je suis assez détendue, d’autant que le milieu est sécurisant, qu’on m’explique, qu’on discute… Du coup, tout va bien pour l’instant.

Tout va toujours bien quand la sonde passe dans le vagin. Grâce à l’écran, je le découvre de l’intérieur pour la première fois, c’est plutôt joli. La cheffe de service m’explique qu’on arrive au col de l’utérus ; il s’ouvre par intermittences, mais très peu.

Au moment d’y passer la sonde, ça fait mal, puis très mal. On m’explique que l’utérus est « récalcitrant », d’où ma douleur importante, mais que celle-ci n’augmentera pas.

La douleur éprouvée dépend beaucoup des patientes… Pour ma part, c’est pas la joie ; comme le personnel m’a encouragée à exprimer ce que je ressentais, dire si j’avais mal, etc, je dis que ça fait mal, que ça fait très mal, je chouine sans vergogne, laisse un peu percevoir mon (relatif) affolement. Mes règles ne m’ont jamais occasionné plus que de légers tiraillements pendant une heure. Du coup, j’ai un seuil de douleur « externe » élevé, mais une tolérance faible aux douleurs utérines.

Une femme me caresse doucement la tête, en m’invitant à respirer aussi calmement que possible, me rassurant, me demandant si je veux lui prendre la main. Compassion et compréhension à tous les étages.

Et tout n’est pas si moche : dans un premier temps, je profite quand même du spectacle sur l’écran. Certains endroits ne sont pas très impressionnants, mais d’autres sont très beaux, notamment une sorte de réseau de cavernes, un paysage organique, très onirique… J’apprécie, la cheffe de service me fait remarquer « c’est beau hein? », et je suis bien d’accord.

Les trompes de Fallope ne sont pas très impressionnantes, deux petits trous dans une masse beige, et j’ai hâte que la douleur s’arrête, mais la pose des implants est intéressante tout de même. Chaque contact entre l’une des spirales et la chair génère un pic de douleur, que je perçois vaguement, mais l’entrée dans les trompes est indolores – mon col de l’utérus, en revanche, est toujours en rébellion ouverte. J’ai beau lui dire que c’est pour son bien… :p

La première prend quelques minutes – j’ai l’impression – à être posée, mais la seconde est très rapide, plus accessible.

Dès que la sonde est retirée de mon utérus, je n’ai plus mal du tout au ventre. J’ai même l’impression qu’il « plane » un chouïa.

En revanche, j’ai une crampe à la jambe gauche, étriers obligent, mais je ne peux pas me relever tout de suite : il faut me passer un slip jetable (en « filet ») et une couche, car mon vagin va expulser les masses d’eau et de Bétadine qu’il a avalées.

Je me relève péniblement à cause de ma crampe ; même si je n’ai pas besoin d’aide, l’infirmier qui m’a emmenée reste à portée, pour que je puisse m’appuyer sur lui. Quand on me pose des questions sur mon état, la quantification de ma douleur etc, je réponds en parlant de la jambe, ce qui est bien sûr à côté de la plaque…

Retour dans la chambre pour me reposer, je plane vaguement mais ma jambe me titille. Nouvelles conversations sur la mobilisation, puis discussion entre le médecin qui m’a demandé à assister à l’intervention et la cheffe de service : cette dernière trouve le geste « très beau », notamment du fait du spectacle qu’offre l’utérus, et elle y voit un grand avenir. Je suis contente qu’elle apprécie la pose des implants, j’aime sa vision des choses…

Quand elle s’inquiète, en revanche, à l’idée de voir arriver des patientes de plus en plus jeunes, en ajoutant « 28 ans quand même », je clame : « 29 depuis le 30 août ne vous inquiétez pas! », histoire de dédramatiser et de faire savoir que j’entends parfaitement la conversation, ce qui n’est pas censé être le cas, mais j’ai une bonne ouïe…

Après un peu de repos, toujours pas de douleur or crampe à la jambe, je redescends vers l’accueil. La secrétaire me dit de garder les suppos quand je demande si je dois lui donner, que ce sont de bons antidouleur, pour les migraines, les courbatures, les règles douloureuses…

Je m’aperçois que m’asseoir brusquement, en revanche, me cause une soudaine douleur utérine, et m’efforce d’être moins bourrine qu’à mon habitude…

Arrivée à 14h, je sors vers 16h. L’intervention a duré moins de 15 mn, préparation comprise…

Sur le trajet du retour, ma jambe s’arrange, mais j’ai de petites crampes au ventre. Elles deviendront plus intenses dans la nuit, me voici pour la première fois dans la peau d’une femme aux règles difficiles – sans saignements, même la couche à la bétadine n’est plus irriguée depuis un moment je crois.

Quelques crampes encore le lendemain, jusqu’à dans la nuit, puis plus rien… De très légères sensations de tiraillement par intermittence, vraiment pas grand chose. Et des courbatures en haut de ma cuisse, parce que la gym en étriers, c’est pas mon truc…

Voilà voilà, fin du fleuve ».

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