« Sûre et enfin libre et heureuse »

« Je livre ici mon témoignage de façon non-anonyme parce que je n’ai rien à cacher et aussi parce que dans la mesure où j’ ai déjà témoigné pour Le Nouvel Observateur sans anonymat sur ce même thème, il n’y a pas de raison que je me cache maintenant ! Trêve de bavardages, Allons-y !

Mon intervention pour la pose d’implants ESSURE a eu lieu le 13 février 2013. Je n’ai remarqué que quelques jours avant cette date que était la veille du jour d’anniversaire de ma mère. Ni elle ni mon père ne sont au courant de ma décision de me faire stériliser d’ailleurs.

Pour reprendre depuis le tout début, j’ai pris cette décision en 2011 après une mûre réflexion à propos des conséquences de la pilule que je prenais à l’époque (je prenais Diane à cette époque, en plus !). De plus, une stérilisation s’inscrivait dans une démarche qui consiste à faire en sorte que mes actes soient en cohérence avec mes convictions, comme pour le véganisme vers lequel je tends.

Du coup, j’ai pris rendez-vous chez la docteure de ma région l’été de cette même année. Malheureusement, j’appris ce jour-là qu’un décret interdisant le remboursement de cette méthode de stérilisation aux femmes de moins de 40 ans et que le décret en question avait été voté moins d’un mois avant ce rendez-vous, c’est dire si j’ai joué de malchance !

Forcément, ma déception fut immense, d’autant plus que j’ai eu droit à quelques questions gênantes concernant mon choix, notamment la fameuse question concernant le sacro-saint homme de ma vie qui voudrait éventuellement devenir père.

Mais j’ai tout de même commencé à économiser pour cette même intervention qui coûtait encore 1000 à 2000€ à l’époque et adhéré dans la foulée au Mouvement Libre pour la Stérilisation Volontaire créé peu de temps avant.

Ma patience fut récompensée le 14 novembre 2012, quand le décret discriminatoire fut abrogé, permettant à toutes les femmes qui le souhaitent d’opter pour la contraception définitive en bénéficiant d’un remboursement par la Sécurité Sociale. Ce décret a pris effet le 14 décembre 2012.

Dès que j’ai pu, j’ai repris rendez-vous chez la chirurgienne qui m’avait reçue, ravie de me voir revenir et surtout si bien informée à propos du décret et d’ESSURE. Quelle ne fut pas ma surprise de constater que j’ai eu droit à un rendez-vous pour une intervention dès la fin des menstruations qui venaient (jamais de toute ma vie je ne les ai autant attendues !), puisqu’elle a estimé que le délai de réflexion légal de 4 mois était évidemment largement passé entre les deux fois où je suis venue la voir. Aucune question cette fois. Mon choix était clair et j’étais déterminée ; je pense que ça a aussi joué pour beaucoup dans le fait qu’aucun délai ne m’a été imposé.

Trois semaines après ce rendez-vous, c’était au tour de l’anesthésiste de me recevoir. Et là, ce fut autre chose.
J’ai fait en sorte de garder le sourire malgré tout ce que j’ai entendu et avec du recul, je pense avoir bien fait, ça aurait été pire sinon.

Donc, après les questions d’usage (pas d’allergie ? Est-ce que je prends des médicaments ?), il m’a demandé texto : « Vous avez des enfants bien sûr ?! ». Il a ouvert des yeux de merlan frit en entendant ma réponse ! La suite n’était pas triste non plus : Évidemment, c’est bien parce que je compte pas faire d’enfants ! Oui, je sais que c’est irréversible, et Non, Dr. D ne m’a demandé aucune justification ! J’étais contente que ça ne dure qu’une demi-douzaine de minutes !

Enfin, (oui, ENFIN!), vint le Jour J, le 13 février 2013 aux environs de 8 heures. J’avais demandé à ma petite sœur de m’accompagner ce matin à l’hôpital pour l’intervention, ce qu’elle a accepté sans problème. J’ai quand même dû lui expliquer que l’on ne m’ouvrirait pas le ventre et que ça serait rapide.

Nous sommes arrivées avec de l’avance à l’hôpital et une fois admise, je n’ai pas attendu bien longtemps avant d’être installée au bloc opératoire et apprêtée pour l’anesthésie, puis tout est allé très vite. Pour tout dire, je n’ai pas vraiment eu le temps de réfléchir que je me réveillais dans la chambre de réveil !

La suite a été un peu pénible : j’ai eu des douleurs similaires à celles des menstruations pendant quelques minutes puis ces douleurs se sont muées en gène qui a duré quelques heures et j’étais épuisée (j’ai dormi jusqu’à 17h30 environ – illes ont dû doser sur l’anesthésie !). Sinon, j’ai un peu saigné deux ou trois jours (des mini règles en somme).

Pour conclure, je dois dire que je suis vraiment heureuse d’avoir pu bénéficier de cette méthode à mon âge (j’ai 30 ans), sans avoir eu besoin de faire le Tour de France des gynécologues pour trouver un médecin respectueux de Mon choix, qui me considère comme un femme responsable, qui sait ce qu’elle fait et veut et pleinement consciente des conséquences des ces derniers.

Je souhaite sincèrement ne pas être un cas isolé ou une exception. J’aimerais qu’une bonne fois pour toutes, le choix de ne pas faire d’enfant soulève autant de question que le fait d’en vouloir, c’est à dire aucune. Et j’espère vivement que la stérilisation volontaire soit aussi facile d’accès que le préservatif ou la pilule ».

Elodie.

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