« Contraception définitive. Une pratique toujours taboue »

« La contraception définitive reste peu pratiquée en France. Et pourtant les spécialistes estiment nécessaire de diversifier la palette des moyens contraceptifs, autres que pilule et stérilet.

Autorisée par la loi du 4juillet 2001, la contraception définitive reste peu pratiquée en France, où elle se heurte encore aux réticences d’une partie de la population et des médecins. Pour le docteur David Serfaty, président de la Société française de gynécologie, l’anniversaire de la loi doit être l’occasion d’«enterrer» le terme de stérilisation, «péjoratif». Le mot reste en effet lié à des stérilisations forcées sur des populations vulnérables. La «contraception définitive», ou «permanente», c’est, pour l’homme, la vasectomie, qui consiste à sectionner les canaux permettant l’excrétion des spermatozoïdes à la base des testicules. Moins de 1.500 hommes y ont recours chaque année en France, contre 25.000 aux Pays-Bas. Pour la femme, la méthode chirurgicale est la plus ancienne: la ligature des trompes, réalisée sous coelioscopie. Une technique moins lourde (méthode Essure) est également diffusée en France depuis 2002. Il s’agit de mettre en place sur les trompes, par voie vaginale, des micro-implants qui vont, dans les trois mois qui suivent, par un phénomène de cicatrisation, boucher les trompes. Trente mille femmes sont stérilisées chaque année en France, pratiquement à parts égales selon les deux méthodes, indique le Dr Sergine Heckel.

Politique nataliste

Pour la socio-démographe, Nathalie Bajos, de l’Institut national de la Santé et de la Recherche médicale, «le recours faible à la stérilisation en France s’inscrit dans un contexte socio-politique très nataliste». «Il est absolument nécessaire de diversifier la palette des moyens contraceptifs disponibles, y compris la stérilisation», estime-t-elle. En particulier parce que les interruptions volontaires de grossesse ne diminuent pas en France, nombre d’entre elles étant consécutives à un échec de contraception.

Méconnaissance

«Les femmes connaissent très mal la contraception définitive. L’information se fait par le bouche à oreille», assure de son côté le DrCarine Favier, présidente du Planning familial, qui pointe également «un manque de connaissance du cadre légal par les soignants». «24% des gynécologues demandent l’accord du compagnon», montre aussi une enquête de terrain. «La loi de 2001 est très claire: elle dit que c’est la femme qui demande, et ne met pas de conditions ni d’âge ni de nombre d’enfants», martèle le Dr Elisabeth Aubény, présidente de l’Association française pour la contraception ».

(Article issu de letelegramme.com !)

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