Stérilisée avant trente ans, c’est possible !

J’entame cette toute nouvelle rubrique via le témoignage de Bfctn !

« Avant mes 26 ans, j’habitais en Lorraine. J’avais fait plusieurs démarches auprès des gynécologues de ma ville, chacun me répondait qu’il était légalement dans le droit de refuser. Je me souviens même d’une horrible consultation chez une femme gynéco qui m’avait dit que jamais aucun médecin n’accepterai de ligaturer une femme si jeune et que je devais mûrir car ça lui semblait être un caprice d’enfant… (c’est bien connu, toutes les petites filles rêvent d’une robe de princesse, d’un beau prince et d’une ligature des trompes…)

Après plusieurs échecs, j’ai consulté le site ESSURE, et ai demandé la liste des praticiens l’appliquant dans ma région. J’ai reçu une liste assez courte, et ai téléphoné au premier. Je suis tombée sur sa secrétaire et j’ai fait l’erreur de lui dire la raison de mon appel… Elle m’a répondu que j’étais trop jeune et que le médecin refuserait de m’opérer. J’ai abandonné.

Quelques mois plus tard, j’ai dû déménager pour raisons professionnelles, dans le 74. Je me suis vite rendue compte que les esprits étaient différents dans cette région, surtout au niveau des droits à certains actes médicaux. La raison : la proximité de la Suisse… Les médecins savent parfaitement que s’ils refusent, nous avons la possibilité de traverser la frontière ! Du coup, ils sont plus ouverts.

J’ai demandé une nouvelle fois au site ESSURE de m’indiquer les praticiens qui utilisaient cette méthode, dans cette nouvelle région. J’ai eu une autre liste et ai contacté le premier, dans le 01. J’ai pris rendez-vous, sans expliquer cette fois à la secrétaire la raison de celui-ci.

Premier rendez-vous, j’ai exposé clairement les raisons de ma venue. Le médecin, cette fois, m’a écouté avec respect. Il m’a demandé mes motivations, a insisté sur le fait que la stérilisation était irréversible, m’a présenté les différentes méthodes et m’a donné un deuxième rendez-vous 4 mois plus tard (en fait un peu moins, il compte le délai légal de 4 mois entre le premier rendez-vous et l’intervention.).

Deuxième rendez-vous, il me demande si j’ai réfléchi, si je souhaite toujours pratiquer cette intervention. Je réponds oui, il m’oriente alors vers la méthode qui me conviendrait le mieux (à savoir ligature par clip). Il a insisté sur le fait que l’opération, bien que dite « irréversible », ne m’empêchait tout de même pas de changer d’avis, et d’avoir recours, plus tard, à d’autres procédés (FIV, reperméabilisation des trompes) pour tomber enceinte. Il m’a donné les papiers, le numéro de la clinique où il allait m’opérer pour que je prenne rendez-vous chez l’anesthésiste et une lettre type à recopier et signer, comme décharge.

Rendez-vous chez l’anesthésiste, qui m’a auscultée, m’a seulement demandé pourquoi une femme si jeune souhaitait se faire ligaturer.

Le jour de l’intervention, j’ai eu une AG en ambulatoire. Je suis remontée du bloc très vite, avec vraiment très mal au ventre. On m’a donné des médicaments, et le soir, je suis sortie, accompagnée bien sûr (condition sine qua non).

J’ai eu très mal au ventre pendant trois jours, et comme par magie, le quatrième, plus rien. Deux petites cicatrices, presque invisibles aujourd’hui.

La sécu a remboursé intégralement les consultations, et la mutuelle que j’ai a remboursé 50% des dépassements d’honoraires.

Je n’ai prévenu ma famille qu’après l’opération, ma mère a respecté mon choix, ma soeur beaucoup moins.

Mon compagnon a été présent à mes côtés tout le temps, et si je n’avais pas pu me faire ligaturer, il aurait lui-même demandé une vasectomie, ce qui est plus facile à obtenir dans notre société ».

Cette personne a fourni des indications très précises sur les tarifs mais ayant crainte que ces derniers ne soient plus tellement d’actualité, j’ai choisi de les éradiquer du témoignage. Cependant, si vous souhaitez les connaître, vous pouvez tout à fait me contacter.

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