Un extrait que je présume sincère

Comme certain-e-s d’entre vous le savent peut-être, j’aime beaucoup chiner chez les bouquinistes, et comme rapport à mon parcours je suis forcément de plus en plus concernée par tout ce qui a trait à la gynécologie*, je me suis dégottée au hasard des étagères « Questions de femmes » de Jean Nicolas, ancien gynécologue-accoucheur et ex président du Mouvement français pour le Planning Familial.

Cet ouvrage, daté des années 70, marie à souhaits aspects technico-médicaux et idées féministes libertaires (voire radicales tendance révolutionnaire par endroits), ce qui n’est pas pour me déplaire. On constate également que cette personne avait pressenti le leurre de la dite libéra(lisa)tion sexuelle et de toutes ces industries du (triste) quotidien qui à présent lui ont trait. Bref, l’ouvrage est petit, condensé mais je pourrais vous en parler des heures.

Mais ce que je voudrais souligner ici pour le moment est ce passage, qui m’a profondément marquée, et avec lequel je suis bien entendu à peu près d’accord (à peu près, oui, car j’éprouve tout de même quelques difficultés à accepter les corrélations effets psychiques / effets physiques, j’ai même le sentiment que ce mode de pensée l’est depuis un peu trop longtemps (à la mode)) :

« Nous, médecins, n’avons pas à choisir en fonction de nos recettes personnelles, de nos convictions religieuses ou morales. On nous demande une protection contre la grossesse, nous devons essayer ensemble, avec les demandeurs, la méthode qui sera le mieux acceptée et donc la plus efficace.

Faire prendre à tout prix des pilules, parce que c’est théoriquement la meilleure contraception, à une femme qui plus ou moins consciemment n’en veut pas, c’est aller au-devant de grossesses non désirées par oubli inconscient ou intolérance induite psychiquement, et ainsi jeter le discrédit sur la méthode. De même, imposer la mise en place d’un stérilet, c’est s’exposer à des manifestations incompréhensibles, à des expulsions imprévisibles et répétées et, là encore, discréditer la méthode ».

(Jean Nicolas)

Venant d’un gynéco et qui plus est trente ou trente-cinq ans en arrière, j’avoue que sur le coup, ça tend à faire plaisir. Ce qui est amusant aussi, si j’ose dire, c’est qu’on retrouve parfois le même type de discours sur les forums d’aujourd’hui (du moins chez les internautes les plus progressistes, car ne rêvons pas, bien trop de femmes encore tiennent pour parole d’Évangile discours et conseils de professionnel-le-s pas toujours avisés)… sauf pour le moyen de contraception qui nous intéresse ici. N’est-ce pas curieux ? ;o)

* Oui, je sais, je ferais mieux de me concentrer sur mon délai de réflexion car la décision que je vais prendre sera cruciale, va changer le cours de ma vie de fâââme, c’est important, quand même… Et si je regrettais ? C’est que c’est irréversible vous savez (houla, voilà que je me gonfle moi-même à présent ! Mais que voulez-vous, à force d’entendre ce type de refrain, voilà qu’il colonise ma petite tête velue) ?

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